Exercice du 01/04/26

V2 : Le Low Tech et l’Open Source, pour un numérique plus responsable

Introduction

Légende de l'image

Chaque jour qui passe, la question de la responsabilité écologique devient plus importante qu’hier. La situation environnementale ne va pas en s’arrangeant et le numérique se retrouve au coeur de cette problématique, particulièrement depuis l’émergence de l’intelligence artificielle et son coût astronomique en ressources. Mais alors quels sont les enjeux du numérique dans le design, quelles pistes émergent de ces complications et quelles formes prennent les projets concernés ? Et surtout, comment ces ambitions se confrontent-elles à la réalité et quel avenir pour le design éco-responsable ?

Exposition Fondation Telefonica

Au quatrième étage de la Fondation Telefonica à Madrid prenait place cette année une exposition intitulée Today Is a Good Day to Discuss Digital Rights (Aujourd’hui est une bonne journée pour parler des droits numériques). Il s’agit d’une exposition d’art contemporain s’inscrivant dans la législation de la Charte des Droits Numériques de 2021, nous mettant face à nos responsabilités individuelles et collectives. On retrouve tout au long de la visite des questions traitées sur le sujet du droit à être oublié, le droit à internet, ou encore le droit à des conditions de travail justes. Cela soulève inexorablement la question de la responsabilité écologique, car quel futur laissons-nous à ceux après nous sans une transformation profonde de la technologie pour une utilisation moins énergivore d’internet et du numérique ?

Open Source et Low Tech

Quelques pistes ont été soulevées lors de nos rencontres avec des designers graphiques à Lyon cette année. Premièrement, notre entretien avec Benjamin Dumond du studio Griffi, auteur de Plain Form 1 1. Plain Form is an independent foundry and publisher. Through letterforms and printed matter, they build a space for critical and expressive approaches to typography. , nous a introduit au sujet de l’open source. Fasciné par la figure du haker, Benjamin a un positionnement de logiciel libre et la volonté de réapprendre à apprendre. Il se détache autant que possible des logiciels dont beaucoup dépendent pour une approche plus sobre du numérique. Thierry Chopain de Type8 Studio nous a également présenté le low tech comme une piste pour designer des sites internet moins gourmands en énergie.

HyperHouse

Un bon exemple de cette mise en pratique de design numérique plus sobre est un projet de HyperHouse, un studio de design et d’art numérique à Madrid. En 2019, MADC Architects leur propose de réaliser leur site internet en suivant leur maxime : « le design sans durabilité n’est plus du design ». Ils partent ensemble du constat qu’au début d’internet, on avait prévu que son utilisation dématérialiserai la société et réduirai l’utilisation des ressources. Or, c’est tout l’inverse qui s’est produit : internet est un puit sans fond vorace en énergie. En 2023, il y a environ 1,13 milliards de sites sur internet, consommant chacun un moyenne de 2,205 kilobytes. HyperHouse s’est donc lancé le défi de créer un site internet avec la plus faible empreinte carbone possible, ce qui donna le projet Digital Ecology, sans police, sans logo, aux images compressées : les designers furent forcés de redoubler d’inventivité pour répondre avec succès à cette demande. Et c’est une réussite !

Retour à la réalité

Malheureusement, cette volonté d’inscrire les projets de design des particuliers et professionnels dans une démarche éco-responsable reste un idéal complexe à atteindre. En théorie, tout le monde veut un projet éco-responsable ; les clients de Nicolas de 3TG l’approchent toujours avec de grandes ambitions sur cet aspect. En pratique, l’éco-responsable représente un coût, et peu de clients sont près à mettre leur budget limité dans des encres ou papiers recyclés. Ces contrastes entre objectifs et réalité sont souvent constatées par les agences et les indépendants, comme nous le confirme Martha du studio Marthes Marthes.

Conclusion

On peut alors espérer qu’avec le temps, les possibilités de mener des projets respectueux de l’environnement se développeront avec le Low Tech et l’Open Source, et que des solutions abordables et durables se feront connaitre du grand public.